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L’arthroscopie de l’épaule

Historique

La première arthroscopie de l'épaule peut être attribuée à BURMAN en 1931, lors d' études cadavériques. On ne retrouve ensuite pas de trace d'autres publications sur ce sujet jusqu'aux travaux de WATANABE dans les années 50, qui développa son arthroscope et lancera cette nouvelle méthode d'exploration des articulations. Les années 1970 verront le développement des arthroscopes avec une transmission lumineuse par fibres optiques, ce qui a permit une large diffusion de la technique, essentiellement axée sur l'exploration du genou. L'arthroscopie de l 'épaule n'est devenue une pratique courante que dans les années 1980 aux états-unis. Il faudra attendre les années 1990 pour que certains chirurgiens français l'utilise régulièrement. Depuis, les procédures et les indications, bien que sans cesse affinées, ont été largement précisées, notamment sous l'égide de sociétés savantes dynamiques (Société Française d'Arthroscopie) et d'opérateurs passionnés.

Qu'est-ce qu'une arthroscopie d'épaule ?



Il s'agit d'une intervention chirurgicale qui grâce à une caméra vidéo miniaturisée et à des instruments micro-chirurgicaux (mécaniques ou motorisés), va permettre de diagnostiquer et surtout de traiter une pathologie de l'articulation ou de son environnement (les atteintes les plus fréquentes concernent les cartilages, la coiffe des rotateurs, la capsule et ses renforcements ligamentaires ou le bourrelet glénoïdien)

materiel-epaule

Arthroscopie diagnostique:

Exploration gléno-humérale: longue portion du biceps, ligaments gléno-huméraux, tendon du sous-scapulaire, récessus inférieur, glène et bourrelet, tête de l'humérus et enfin face inférieure de la coiffe des rotateurs

Exploration sous-acromio-deltoïdienne: espace virtuel séparant la face supérieure de la coiffe des rotateurs, la face profonde du deltoïde et la face inférieure de l'acromion

position-arthro-epaule

Arthroscopie thérapeutique:

En fonction des cas à traiter: simple lavage articulaire (évacuation des débris particulaires et des enzymes protéolytiques), résection ou fixation (ténodèse) d' un tendon du biceps dégénératif, synovectomie (ablation de tissus inflammatoires), capsulotomie (ouverture de la capsule), acromioplastie (excision osseuse de la face inférieure de l'acromion permettant d'agrandir l'espace sous-acromial ce qui limite le conflit potentiel avec la coiffe), décompression d'un tendon de coiffe épaissi par des calcifications, réparation d'une coiffe des rotateurs rompue (technique exigeante actuellement en plein essor).

liberation

Il s'agit d'une technique mini-invasive (2 à 3 incisions punctiformes), ce qui facilite la récupération fonctionnelle

coiffe-epaule instabilite


Comment se déroule l'intervention ?

  • Arrivée la veille ou le matin même après une préparation cutanée
  • Anesthésie
  • Installation (demi-assis ou sur le côté) puis mise en place des champs opératoires stériles
  • Introduction des instruments puis exploration de l'articulation sous contrôle vidéo
  • Gestes chirurgicaux adaptés au cas à traiter
  • Contention par gilet souple
  • Transfert en salle de réveil
  • Sortie le jour même ou le lendemain
  • Délivrance du compte-rendu opératoire avec photos des gestes effectués
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Quels sont les résultats à attendre ce cette intervention ?

Ce type d'intervention doit améliorer les symptômes présentés (douleur,perte de mobilité, de stabilité ou de force). Néanmoins, cette amélioration est variable suivant la pathologie en cause. L'épaule étant susceptible, le bénéfice final ne doit pas être évalué avant quelques mois

L'avantage du traitement arthroscopique (sans abord chirurgical extensif classique) est la reprise rapide d'une vie quotidienne normale. Pour les patients immobilisés après l'intervention (nécessité due à l'attente d'une cicatrisation d'une lésion réparée), la récupération de l'autonomie est plus longue

gestes-epaules

Quelles sont les complications les plus fréquentes ?

Comme toute intervention, un accident anesthésique est possible. Il est actuellement rarissime

Les complications chirurgicales sont variées mais rares et le plus souvent bénignes: gonflement de l'épaule régressif en 1 ou 2 jours (la vision arthroscopique n'est possible qu'en présence d'eau, qui diffuse progressivement dans les tissus adjacents au cours de la procédure), écoulement persistant de liquide au niveau des points de ponction (pour les mêmes raisons), blessure  d'une veine, d'une artère ou élongation d'un nerf (exceptionnel), infection superficielle ou profonde (toujours rédoutée et nécessitant le plus souvent une seconde intervention et un traitement antibiotique, elle justifie la préparation cutanée pré-opératoire et les mesures d'aseptie propres à toute intervention chirurgicale)

Citons enfin dans les cas difficiles l'impossibilité pour le chirurgien de parvenir à ses fins, ce qui peut rendre nécessaire une "conversion", c'est à dire une chirurgie "à ciel ouvert" ou tout simplement le report de l'intervention (impossibilité technique car l'opérateur dépend plus du matériel utilisé -qui peut devenir défaillant- qu'en cas de chirurgie conventionnelle)

Télécharger les conseils post-opératoires

Conclusion

L'arthroscopie de l'épaule, procédure actuellement plus thérapeutique que diagnostique est une technique fine, peu invasive, dont les indications peuvent actuellement être considérées comme bien précisées, même si elles évoluent en permanence.

Il s'agit d'une approche encore récente de la pathologie de l'épaule, nécessitant une pratique régulière (on doit arriver au même résultat opératoire immédiat qu'en employant des techniques chirurgicales conventionnelles). Ces bénéfices sont indiscutables.

Pour certains traitements, elle deviendra, à l'instar de la chirurgie du ménisque du genou, la technique de référence.

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