Les différents types de prothèses
L'implantation d'une prothèse articulaire répond à plusieurs compromis qui seront dictés par:
- l'état clinique et notamment le degré d'usure des différents compartiments de l'articulation
- les moyens d'union restants (ligaments et muscles)
- les choix raisonnés de l'opérateur concernant les implants utilisés et leur mode de fixation.
Quelle que soit l'articulation prothésée, on peut classer les différentes prothèses articulaires en plusieurs types suivant :
le caractère partiel ou complet
de l'articulation remplacée. On parle alors de prothèse partielle ou unicompartimentaire (prothèse de resurfaçage, prothèse céphalique ou intermédiaire de hanche, prothèse unicompartimentaire de genou, prothèse humérale simple) ou de prothèse totale (hanche ,genou, épaule ...).
le mode de fixation :
on parle de fixation par du ciment si du métacrylate de métyle est utilisé pour obtenir une fixation primaire de la prothèse. Ce mode de fixation a été développée par Charnley et a permit le développement fulgurant des prothèses totales de hanche. L'inconvénient principal est la défaillance de la fixation à long terme passé 10 à 15 ans (descellement, fragilité osseuse par ostéolyse). La fixation sans ciment diffère radicalement. On peut utiliser soit un vissage direct de la prothèse (technique désormais abandonnée) ou l'impaction en force d'un implant prothétique recouvert d'une surface favorisant la repousse osseuse autour de la prothèse (surface ostéo-conductrice telle que l'hydroxyapatite).
les différents matériaux
utilisés pour la fabrication de la prothèse et surtout pour l'articulation des différents composants (on parle de couple de frottement). Là encore il s'agit bien souvent d'une histoire de compromis, le but du jeu étant de diminuer l'usure qui, par ses micro-débris générés par le frottement, va être responsables d'une ostéolyse et donc d'un descellement de la prothèse. Quelle que soit la localisation articulaire, le couple le plus utilisé est le couple métal polyéthylène mais c'est celui qui donne le plus d'ostéolyse. De nouveaux couples de frottement appelés dur-dur sont utilisés depuis une trentaine d'années. Ils ont surtout été développés pour l'arthroplastie de hanche (couple métal-métal et couple céramique-céramique). L'objectif est de diminuer l'usure avec ces couples dur-dur. Les inconvénients sont un manque de recul et des risques inhérents au matériau utilisé (risque de métallose en cas de couple métal-métal ou de casse par fragilité de la céramique dans le cas du couple céramique-céramique).
le dégré de contrainte :
moins une prothèse est contrainte moins la défaillance mécanique risque d'apparaître puisqu'elle sera moins sollicitée. Cette défaillance mécanique peut se manifester par une usure prématurée, un descellement des implants ou même une fracture des différentes pièces. Initialement, les prothèses articulaires étaient très contraintes (prothèses à charnières). L'amélioration des implants s'est fait vers une diminution des contraintes. Néanmoins, une prothèse non contrainte nécessite un bon environnement osseux, musculaire et ligamentaire sinon une faillite articulaire de type mécanique surviendra à type de luxation ou d'usure précoce. Cet état de fait est remarquablement illustré par les différents types de prothèses de genou qui vont des plus contraintes (prothèse charnière) aux moins contraintes mimant au mieux le fonctionnement véritable d'un genou telles que les prothèses à roulement-glissement.
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