Les lésions méniscales constituent une pathologie extrêmement fréquente qui se rencontre aussi bien chez l’adulte jeune lors d’un traumatisme sportif, que chez le sujet plus âgé où elle est souvent l’illustration de phénomènes dégénératifs au niveau du genou. Cette lésion est la lésion traumatique la plus fréquente du genou : elle touche chaque année 4 femmes/10000 et 9 hommes/10000.
De manière générale, il faut distinguer :
Les ménisques sont des fibro-cartilages en forme de demi-lune dont la section est triangulaire et la base périphérique.
Le ménisque interne il a la forme d’un C. Il joue un double rôle d'amortisseur entre le fémur et le tibia et de stabilisateur dans la rotation externe du tibia en flexion. Le ménisque externe a une forme d'un O, épousant au mieux la convexité du plateau tibial externe et le condyle externe lui aussi convexe. Ils sont attachés l’un à l’autre et aux ligaments croisés du genou avec lesquels ils fonctionnent en harmonie.
Ils suivent les mouvements du fémur et du tibia lors de la flexion et de l’extension du genou pour s’adapter au mieux à toutes les situations.
Le ménisque interne est fixé au ligament latéral interne du genou sur toute sa longueur : il est donc plus stable et moins mobile que le ménisque externe mais en même temps très vulnérable aux mouvements de cisaillement crées par la rotation du genou.
Le ménisque externe n’est pas attaché à la capsule articulaire sur toute sa longueur et est séparé du ligament latéral externe : il est donc plus mobile et moins stable que le ménisque interne.

La vascularisation méniscale s’effectue à partir de sa périphérie (mur méniscal) alors que son bord libre n’est pas vascularisé (ce qui a comme conséquence une aptitude à cicatriser nettement moins bonne qu'en périphérie: on ne traitera donc pas une lésion méniscale situé en zone "blanche" comme une autre située en zone "rouge").
Les ménisques contribuent à la répartition des contraintes fémoro-tibiales mais ont également un rôle stabilisateur au niveau du genou (en synergie avec les ligaments notamment les croisés) :
Il faut distinguer 4 cas de figures bien distincts. Par ordre de fréquence, on retrouve :
Le contexte: flexion forcée prolongée puis relèvement brutal ou mécanisme d'entorse bénigne du genou. Il s'agit d'une atteinte franche, verticale, de siège variable, souvent postérieur Parfois, le fragment est volumineux et se luxe sous un condyle (on parle d'anse de sceau réalisant un blocage aigu du genou).
Le contexte: altération progressive des structures méniscales (méniscose due à l'âge et/ou à une déformation surtout en genu varum). Il s'agit de clivages horizontaux pouvant détacher des languettes méniscales en avant ou en arrière. Un banal traumatisme peut être retrouvé. Elles peuvent être responsables de l'apparition d'un kyste méniscal, surtout en externe Ces lésions sont constamment retrouvées en cas d'arthrose du genou (cf arthrose du genou).
Le contexte: lésions soit traumatiques soit dégénératives, parfois favorisées par une anomalie congénitale (ménisque discoïde ou hypermobile).

Au terme de cette distinction fondamentale pour le traitement (contexte le plus souvent évocateur), on fait rapidement le diagnostic :
La guérison des lésions méniscales est souvent difficile spontanément mais les lésions minimes, si elles sont tolérées, doivent entraîner une abstention thérapeutique.
Dans le cas des ménisques "accident", entraînant une lésion isolée interne ou externe symptomatique, la bonne attitude est la méniscectomie partielle réalisée sous arthroscopie (cf arthroscopie du genou).
Dans le cas des ménisques "maladie", il s’agit d’un stade de pré-arthrose à traiter comme tel c'est à dire médicalement ou chirurgicalement par une ostéotomie correctrice (cf arthrose du genou) mais il peut cependant exister de véritables lésions traumatiques sur ménisque dégénératif répondant bien à la méniscectomie arthroscopique. Attention néanmoins aux arthroscopies "de confort", qui généralement ne soulagent pas durablement et n'empêchent pas l'évolution arthrosique, ce d'autant que le "capital méniscal" a été entamé.
Dans le cas des "accidents ménisco-ligamentaires", associant lésion méniscale et rupture du LCA, la bonne attitude est le plus souvent de stabiliser le genou (reconstruction du pivot central) et de réinsérer le ménisque (suture méniscale).

La méniscectomie arthroscopique permet une récupération fonctionnelle fréquente si elle est bien indiquée. Trois remarques néanmoins:
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