L’installation d’une raideur articulaire du genou peut survenir après n’importe quel traumatisme osseux, ligamentaire ou tendineux.
Cette séquelle invalidante doit être analysée sous un double aspect médical et chirurgical.
Sur le plan étiologique, cette raideur peut être d’origine intra-articulaire, capsulo-ligamentaire, musculo-tendineuse, neuro-vasculaire ou cutanée.
Il peut s’agir d’une limitation isolée ou d’une limitation mixte, de moins bon pronostic. On s’oriente en fonction de la perte :
La perte d’extensibilité du revêtement cutané et des chaînes musculaires et tendineuses, seul facteur de raideur véritablement accessible à la rééducation est un diagnostic d’élimination.
Le traitement de cette raideur sera d’abord médical, privilégiant une rééducation douce jusqu'au seuil de la douleur respectant les objectifs fonctionnels : indolence, stabilité, mobilité.
Pour cela, il faut :
Lorsque cette rééducation est sans effet ou qu’il persiste une raideur, on doit s’orienter vers une prise en charge chirurgicale :
Les raideurs récentes (excepté celles liées à une algodystrophie) de moins de 6 semaines peuvent bénéficier d’une mobilisation sous anesthésie générale mais ensuite la fibrose (tissus cicatriciel et adhérences) est organisée et une arthrolyse (libération chirurgicale de l'articulation) devient nécessaire. Celle-ci est différente en fonction de la hauteur rotulienne (rétraction ou non du tendon rotulien) :
Cette arthrolyse doit si possible être une technique mixte combinant arthroscopie, arthrolyse percutanée, mobilisation et parfois même mini-abord chirurgical, moins traumatisante que l’arthrolyse chirurgicale classique "à ciel ouvert" et qui permet d’obtenir de bons résultats, qui restent néanmoins fonction du type de limitation et du délai de prise en charge.
On en retiendra les grands principes :
Dans cette hypothèse, il faudra bien sûr effectuer les gestes précédents mais ceux ci ne suffiront pas car le facteur limitant est la rétraction du tendon rotulien (fréquent sur un genou multi-opéré ou après une algodystrophie): auparavant, il faudra redonner de la hauteur rotulienne en effectuant soit une transposition vers le haut de la tubérosité tibiale antérieure (geste osseux qui n'a pas nôtre préférence) soit une plastie-allongement-reconstruction du tendon rotulien au DIDT (+++).
L'installation d'une raideur articulaire entraîne une perte fonctionnelle qui peut être difficilement tolérable au niveau du genou (articulation portante et pertes d'amplitudes volontiers sévères). Les causes sont variées mais l'approche dans le traitement reste identique quelque soient les cas. Toutes les précautions doivent être utilisées avant, pendant et après l'intervention afin d' éviter les 2 complications principales de cette prise en charge difficile: la survenue d'autres problèmes (iatrogénicité) et la récidive.