Articulation profonde, portante et très congruente (emboitée), la hanche est entourée de muscles puissants expliquant l’absence de problèmes d’instabilité. Par contre, la pathologie dégénérative (l’usure) y est fréquente, soit primitive (sans cause évidente), soit secondaire à un vice architectural (congénital ou acquis). Pour s'orienter :
La douleur de hanche est une douleur du pli de l’aine, assez interne, irradiant souvent à la face antéro-interne de la cuisse vers le genou. Parfois, cette douleur est moins évocatrice quand elle est isolée au niveau du genou (piège classique), quand elle se situe en externe en regard du grand trochanter, de la fesse ou si elle simule une sciatique en étant postérieure.
L’examen clinique permet d’incriminer l’articulation quand on retrouve une limitation douloureuse des mouvements, une attitude vicieuse fixée (souvent en flessum), une boiterie ou une atrophie de la cuisse.
Certaines douleurs ne viennent pas de l’articulation. Il s’agit de douleurs projetées qui doivent faire discuter les possibilités suivantes :
En s’orientant avec un simple bilan radiographique qui montrera le plus souvent des anomalies de l’articulation, on remontera facilement au diagnostic. Si la radiographie est normale, le diagnostic reposera sur l’IRM qui est l’examen de choix aujourd’hui, éventuellement remplacé par un arthro-scanner.
Chez l’adulte, la liste des possibilités est en fait limitée :
En dehors des fractures (du col du fémur ou du massif trochantérien) on retrouve en premier la coxarthrose, en second ex-aequo la coxite et l’ostéonécrose aseptique, rarement une algodystrophie ou une prolifération synoviale (chondromatose, synovite villonodulaire hémopigmentée). Signalons aussi les pathologies de conflit cotyle-fémur récemment décrites et toujours en cours de démembrement.
La coxarthrose est une usure de l’articulation de la hanche. Le diagnostic repose sur la radiographie simple qui montre la destruction du cartilage sous réserve que les signes cliniques soient concordants car la coxarthrose est banale chez le sujet de plus de 60 ans. Elle peut donc être asymptomatique.
Les clichés prouvent la maladie, montre son stade évolutif, la topographie du pincement articulaire et son étendue et éventuellement retrouve des lésions favorisantes (dysplasie et subluxation, protrusion acétabulaire, séquelle d’épiphysiolyse, Maladie de Paget..)
La seule exception à cette règle est la coxarthrose destructrice rapide (CDR) où la radio peut être normale au début avant d’être franchement anormale en quelques semaines ou mois. Le tableau clinique est assez bruyant (douleurs intenses mimant une coxite avec un épanchement articulaire fréquent).
De manière général, le traitement de la coxarthrose est le plus longtemps possible conservateur (médical et/ou chirurgical). En cas de retentissement fonctionnel majeur, la seule solution est de remplacer l’articulation par une prothèse de hanche (partielle dans certains cas ou le plus souvent totale)
L’origine est une baisse de la vascularisation du pôle supérieur de la tête fémorale, ce qui entraîne à terme une nécrose osseuse et un effondrement du cartilage sus-jacent.Les mécanismes restent discutés
L’ostéonécrose peut être primitive (sans cause apparente) ou secondaire (éthylisme, corticothérapie, chimiothérapie ou radiothérapie, suites d’une fracture ou d’une luxation de hanche, maladie des caissons et des plongeurs).
Les signes cliniques sont ceux d’une arthrose avec parfois un début précis correspondant à la fracture du séquestre. Au début, les signes radiographiques peuvent être absents ou très difficile à affirmer (diagnostic sur l’IRM). Puis l’os nécrosé se sépare du cartilage et toute la région s’affaisse, l’aplatissement de la tête pouvant se poursuivre soit jusqu’à sa quasi disparition soit vers la constitution d’une arthrose secondaire. Le traitement est celui de la coxarthrose au stade tardif, c’est à dire une prothèse. A un stade plus précoce, le traitement est très discuté actuellement, ce d’autant que les patients sont souvent jeunes (le but est de tout faire pour éviter la prothèse)
Le diagnostic est le plus souvent évident car la coxite survient dans le cadre d’une polyarthrite rhumatoïde ou d’une spondylarthropathie connue. Le problème n’existe que pour une coxite isolée, volontiers bruyante (douleurs intenses, fièvre, biologie perturbée) avec une radio le plus souvent normale. Il faut alors s’aider d’une ponction de l’articulation et de tests sérologiques. S’il s’agit d’une coxite infectieuse, le contexte, la bactériologie du sang et du liquide de ponction sont généralement suffisants (sauf s’il s’agit d’une tuberculose).
Le plus souvent sans cause apparente (parfois un traumatisme ou une grossesse), l’algodystophie est rare au niveau de la hanche. Elle se manifeste par des douleurs très vives, souvent nocturnes, responsables d’une impotence et d’une boiterie importantes contrastant avec un faible enraidissement de la hanche. La radiographie simple montre une ostéoporose souvent impressionnante à la phase d’état mais est normale au début (le diagnostic est alors fait sur l’IRM). L’algodystrophie guérit sans séquelle en 2 à 6 mois.
De deux sortes :
Heureusement rares…
Devant une douleur de hanche, la triade interrogatoire-examen clinique-radiographies est incontournable. il faut s'orienter en fonction des antécédents, de l'âge et de l'existence d'un traumatisme pour évoquer en premier lieu les atteintes les plus fréquentes. Il faut néanmoins savoir évoquer les autres diagnostics, moins variés que face à une douleur de genou et qui s'inscrivent dans un contexte le plus souvent évocateur.